"J'ai décidé d'être heureux parce que c'est bon pour la santé."

Voltaire

vendredi 5 novembre 2010

Présentation de la méthode Vittoz

La méthode Vittoz : une rééducation psychosensorielle, un art de vivre.

Qui était le Dr. Roger Vittoz ?

Le Dr. Roger Vittoz, (Morges 1863-Lausanne 1925) pratiquait avec succès l'hypnose, apprise sous la direction du Professeur Auguste Forel. Mais cette méthode ne le satisfaisait pas, car elle ne permettait pas au malade de recouvrer sa pleine autonomie.

Il voulait donner au patient "les moyens de se guérir lui-même".

En 1906, il met au point sa méthode dite de "contrôle cérébrale" en découvrant les vibrations cérébrales, connues sous le nom d'onde Vittoz.

C'est cette découverte qui lui permettait de reconnaître un cerveau angoissé, fonctionnant mal, incontrôlé, d'un cerveau calme, contrôlé et "normal".

C'est grâce à cette vibration que le thérapeute pourra suivre l'évolution du patient tout au long de
la cure.

Contemporain des plus grands analystes, le Docteur Roger Vittoz a préféré, dans la thérapie qu'il a créée, s'intéresser au conscient. Elle n'est donc pas analytique.

Qu'est-ce que la méthode Vittoz ?

La Méthode Vittoz est une thérapie psychosensorielle dont la spécificité est la rééducation du contrôle cérébral. Il ne s'agit pas d'une autocensure rigide, du genre : "Je-me-contrôle". Il s'agit, tout au contraire, d'une faculté destinée à équilibrer le cerveau inconscient et le cerveau conscient.

La rééducation du contrôle cérébral est une méthode de synthèse et de restructuration: c'est-à-dire qu'elle vise à rétablir l'équilibre entre les deux principales fonctions du cerveau: La réceptivité (faculté que nous avons de recevoir par les 5 sens) et l'émissivité, (faculté d'émettre des pensées, paroles...) au moyen d'exercices simples et pratiques, que l'on intègre facilement dans la vie courante. Elle est fonctionnelle: elle redonne au cerveau sa souplesse, réactive les fonctions naturelles et ainsi permet de retrouver l'équilibre psychique. Cette méthode est basée sur le fait que le cerveau ne peut en même temps recevoir et émettre. Il suffit alors d'être en réceptivité pour mettre au repos l'autre fonction du cerveau: l'émissivité.

Ses étapes :

  1. Rétablir la réceptivité : Contact, état de présence à soi et à notre environnement.
  2. Pratiquer les actes conscients : Agir dans l'instant présent, sans intervention de la pensée.
  3. Contrôle de l'émissivité : Améliorer la concentration.
  4. Rééduquer la volonté : Libre choix, décision, "être".
  5. Vittoz psychique : Dénouer les émotions...

Le Vittoz est recommandé en cas de : stress, anxiété / angoisses, insomnies, problèmes de concentration, pertes de mémoire, difficultés scolaires ou préparation aux examens, spasmophilie, TOC (Troubles Obsessionnels Compulsifs)

Cette méthode est aussi efficace pour : se défaire de conditionnements lourds à porter, se sentir mieux et plus libre dans sa vie et dans son travail.

http://www.methodevittoz.ch/

Neurosciences, ondes cérébrales et relaxation

Document issu du site "Ecole et Relaxation"

http://www.ecole-et-relaxation.com/html/cerveau.html


Notre cerveau est constitué de plusieurs milliards de cellules qui échangent en permanence des informations. Ces échanges provoquent l'émission de courants électriques faibles -les ondes cérébrales- que l'on peut capter grâce à l'électro-encéphalogramme. Le rythme de ces ondes (mesuré en cycles par secondes) varie selon notre activité : éveil, apprentissage, repos, relaxation, sommeil léger, sommeil profond... Chaque type d'onde est représenté par une lettre de l'alphabet grec : alpha, beta, thêta, delta.

Les ondes émises par le cerveau

Les explications qui suivent nous ont été fournies par Philippe Perruchon (Natura-Clairvi) , praticien en sophrologie.

Le rythme BETA. C'est le cycle de plein éveil, celui auquel nous fonctionnons lorsque nous avons les yeux ouverts, que nous sommes dans l'action, que nous réfléchissons, que nous étudions, que nous apprenons, etc. Notre cerveau fonctionne alors en plein régime, et l'encéphalogramme nous montre que celui-ci affiche des cycles de l'ordre de 14 à 21 cycles par seconde. Dans les états d'hyperactivité, notre cerveau fonctionne bien plus près des 21 cycles/secondes que celui des 14 cycles.

Le rythme ALPHA. Dès que nous avons les yeux fermés, que nous prenons une position confortable, allongé sur un lit par exemple, automatiquement l'encéphalogramme affiche un ralentissement des ondes cérébrales et notre cerveau fonctionne alors suivant un rythme qui oscille entre 7 et 14 cycles/secondes.

Il est intéressant de noter qu'à ce rythme, les deux hémisphères du cerveau arrivent à fonctionner ensemble dans une harmonie parfaite alors que lors du rythme Beta, nous fonctionnons souvent avec un hémisphère dominant, (le gauche dans la plupart des cas), ce qui privilégie le travail analytique et la réflexion mais ce qui nous "prive" de toute la perception intuitive, créative et globale de l'hémisphère droit. Mais nous reviendrons un peu plus loin sur les avantages que nous offre le rythme Alpha.

Le rythme THÊTA. Lorsque l'activité cérébrale se ralentit encore et que nous arrivons dans une zone qui oscille entre 4 et 7 cycles/secondes, nous pouvons dire que le cerveau fonctionne au rythme des ondes Théta. Ce rythme correspond à la phase du sommeil léger, et plus nous nous enfonçons dans ce rythme, plus le sommeil devient profond. Au niveau Thêta, nous trouvons aussi la zone correspondant au sommeil hypnotique et la zone d'insensibilité à la douleur.

Le rythme DELTA. Le dernier des quatre cycles de fonctionnement de notre cerveau. Il correspond véritablement à la zone de l'inconscient, le sommeil très profond et plus nous fonctionnons en dessous de 4 cycles/secondes, plus nous sombrons dans des états qui s'approchent de la mort physique. Dans cette zone, seules les fonctions vitales sont assurées par le cerveau. Lorsque l'encéphalogramme affiche un tracé plat, cela signifie la mort cérébrale... n'ayant plus d'activité cérébrale, l'individu est considéré comme mort physiquement. Revenons plus en profondeur sur le cycle des ondes ALPHA... Pourquoi ce cycle est important pour nous ? C'est en effet un cycle important puisque la nature a prévu que lorsque nous sommes au niveau d'éveil, c'est à dire que nous fonctionnons au rythme BETA, notre cerveau chute très régulièrement dans les ondes Alpha, sans que nous en soyons vraiment conscient, et ceci pour éviter une "surchauffe" de notre cerveau.... Près de 30 fois par minute, notre cycle cérébral chute quelques microsecondes seulement au rythme des ondes alpha. Lorsque nous fonctionnons au rythme cérébral alpha, les deux hémisphères de notre cerveau fonctionnent en parfaite harmonie, ce qui nous permet d'avoir une vision plus globale des choses, ce qui nous permet encore :

• d'avoir une meilleure concentration,

• une meilleure mémoire,

• de pouvoir mieux gérer nos états de stress et nos états émotionnels,

• de pouvoir prendre un contrôle conscient du fonctionnement de notre corps, de nos organes, et de nos réactions physiologiques,

• de pouvoir prendre le contrôle de nos habitudes, surtout de celles que l'on désire changer,

• de pouvoir créer de nouvelles habitudes plus positives et salutaires pour notre vie, Au niveau alpha, nous avons une meilleure perception de tous nos sens et même, nous sommes beaucoup plus à l'écoute de notre intuition, ce qui veut dire que nous savons ce qu'il faut faire au moment où il faut le faire.

Notre mental est alors en "veilleuse", il interfère moins souvent et notre choix est alors plus juste, plus intuitif... L'intuition peut être définie comme cette faculté de connaître des informations qui sont hors de notre champ de perception habituel. Le rythme Alpha se décompose aussi en 4 niveaux. Le niveau 4, très proche de l'état d'éveil, s'active d'une manière automatique dès que l'on prend une position de relâchement, soit confortablement installé dans un fauteuil, ou allongé sur un lit, et que l'on ferme les yeux. A ce moment là, automatiquement notre cerveau ralentit les ondes cérébrales.... puis si nous persistons plus longtemps, nous sentons alors tout notre corps se détendre, se relâcher.... c'est le niveau 3 du rythme alpha. Au niveau 3, notre mental est encore très actif; nous sommes encore capables de penser à dix mille choses qui nous préoccupent... puis vient le moment où nous avons le sentiment de planer....d'être bien, nous serions à ce moment presque incapable de savoir ce à quoi nous pensions, c'est le niveau 2. Puis juste après cette phase, nous sombrons encore un peu, nous passons par le niveau 1, le niveau de base du rythme alpha. Sans même nous en rendre compte et parce que nous n'en sommes pas conscient, nous chutons encore plus bas dans le sommeil et là notre cerveau fonctionne déjà en Thêta... et c'est bien dommage car juste avant cela, l'occasion nous était donnée au niveau 1, le niveau de base du rythme alpha, d'ouvrir la porte de notre subconscient et de lui donner des ordres bien précis pour qu'il nous serve au lieu de nous desservir, comme il le fait bien souvent... Le but des exercices et des méthodes de contrôle mental au niveau alpha, comme la méthode Silva ou bien d'autres encore, ont pour but d'apprendre à parvenir au niveau 1, à le maîtriser tout en gardant en permanence le contrôle et sans chuter plus bas dans le sommeil. Nous pourrions presque dire qu'il s'agit véritablement d'un exercice sportif, bien qu'ici le sport soit purement cérébral. Si je fais cette comparaison avec un sport, cela n'est pas complètement innocent... car comme vous le savez, la performance sportive sera directement proportionnelle à l'entraînement que vous aurez effectué. Donc plus vous allez vous entraîner à travailler consciemment au niveau alpha, plus cela vous sera facile et plus vous en tirerez des avantages précieux dans tous les domaines de votre vie...

• que ce soit pour améliorer votre santé,

• pour vous fixer des objectifs professionnels et les atteindre,

• pour travailler votre confiance en vous,

• pour renforcer et développer votre mémoire,

• pour arrêter de fumer,

• perdre du poids,

• etc… la liste serait bien trop longue à dresser.

Le Training Autogène de Schultz

Par Laurent Gross, spécialiste en hypnose ericksonienne, hypnose clinique à Paris

La méthode du training autogène, qui est appelée aussi par Schultz " méthode de relaxation par auto-décontraction concentrative ", est née des recherches sur le sommeil et sur l'hypnose par Vogt et Brodman entre 1894 et 1903 à Berlin.

Ils avaient observés que certains patients, ayant subi de nombreuses séances d'hypnose, étaient capables par eux-mêmes, de se replonger dans un état similaire.

Au cours de cet état d'auto-hypnose apparaissaient des sensations de lourdeur et de chaleur accompagnées d'un effet remarquable de récupération.

Ils avaient remarqués que ces exercices mentaux, pratiqués plusieurs fois par jour, réduisaient de façon notable les effets du stress, de la fatigue et de la tension.

Schultz est né en Basse-Saxe en 1884. Il étudie la médecine à Lausanne et en Allemagne, et se spécialise en psychiatrie sous la direction de Richard STERN et de HERLICH.

En 1905, il explore les potentialités de l'hypnose et des diverses formes de suggestion.

Il est nommé professeur de psychiatrie en 1915 à Iéna, et écrit son premier grand ouvrage, "le traitement psychologique des patients", durant la guerre de 14-18.

En 1932, après 10 ans d'observations cliniques et expérimentales, il publie sa première édition du " Training Autogène ".(TAS)

L'œuvre de Schultz est considérable et intéresse non seulement la psychothérapie et la neuropsychiatrie, mais également la médecine interne, la dermatologie et l'immunologie.

Schultz est un psychanalyste de la 1ère heure et il fit la connaissance de FREUD en 1911.

CAYCEDO l'a connu et Schultz devait même présider le 1er Congrès Mondial de sophrologie, mais il eu la mauvaise idée de décéder quelques mois auparavant.

Schultz avait découvert, en cherchant une méthode opposée à l'hypnose, c'est-à-dire sans suggestion et sans lien de dépendance entre l'hypnotiseur et l'hypnotisé, " la possibilité, pour certains individus cultivés et à l'esprit critique, d'entrer dans l'état particulier d'hypnose par une action volontaire et personnelle".

L'hypnose réalisait un état de déconnexion physique et mentale mettant l'organisme au repos et permettant l'utilisation de la suggestion à visée thérapeutique.

Des exercices qui mettent l'esprit et le corps au repos.

En procédant à de nombreuses séances d'hypnose, notre éminent Pr Schultz avait remarqué, comme l'avait déjà fait son maître VOGT, qu'au début de l'induction hypnotique, les patients éprouvaient avec une régularité constante une série de sensations corporelles amenant cet état de déconnexion qu'est l'état hypnotique.

Il eut alors l'idée géniale de faire éprouver a priori ces sensations corporelles à ses patients de façon à les mettre dans un état voisin de l'hypnose.

Il eut l'agréable surprise de constater que les résultats confirmaient ses prévisions.

Le principe de la méthode de Schultz consiste donc en des exercices physiologiques rationnels déterminés (sensations de lourdeur, de chaleur, etc.), destinés à mettre l'esprit et le corps
au repos.

La méthode de Schultz est une méthode personnelle, "responsable ", d'entraînement à l'auto-hypnose, réduisant au minimum la suggestion provoquée par un opérateur. Elle peut être appliquée à une très large variété de désordres physiques et psychiques.

LES PHASES DU TRAINING AUTOGENE :

Dans le T.A.S., 4 phases d'approche thérapeutiques peuvent être distinguées : l'entraînement aux exercices standards, les modifications autogènes, l'entraînement à la méditation autogène, et les méthodes de neutralisation autogène.

1. L'entraînement autogène standard. (plus généralement appelé cycle inférieur).

Il comprend une série de 6 exercices dont les 2 premiers sont les plus importants.

Il s'agit, au cours de ces exercices, de faire éprouver au patient, graduellement, une série de sensations corporelles.

Le patient est placé dans une ambiance calme et dans une position adéquate, de manière que ses muscles soient détendus.

3 positions sont conseillées, la position assise sur une chaise ("en cocher de fiacre "), la position allongée sur un divan, bras et jambes vers l'extérieur, la position assise dans un fauteuil. Le patient doit alors fermer les yeux et se concentrer mentalement sur une partie de son corps d'abord, sur tout le corps ensuite et y rechercher la sensation de lourdeur, par exemple. Cette sensation une fois éprouvée, il va la formuler mentalement, en pensant, par exemple :"Mon bras ou mon corps est lourd, tout à fait lourd " et ainsi de suite.

Cet exercice doit se pratiquer sans insister si la sensation n'est pas immédiatement perçue, dans l'attitude mentale de passivité encore appelée "de concentration passive", et sous la direction d'un thérapeute expérimenté, lui-même entraîné au T.A.S.

La concentration passive s'oppose à la concentration active et signifie que le patient accepte l'idée que le résultat à atteindre ne s'obtiendra pas rapidement et que, s'il n'est pas bon aujourd'hui, il le sera demain ou un autre jour.

Le patient doit réaliser cet exercice quotidiennement 2 ou 3 fois, le temps qu'il y consacre variant de 3 minutes à une 1/2 heure en fin d'entraînement.

La consultation du thérapeute va servir à contrôler les progrès, à encourager le patient et à donner des directives pour une plus grande décontraction.

Après un temps variable, de 2 à 6 mois, le patient est capable de se plonger très rapidement dans un état de déconnexion totale, physique et mentale, sorte d'état second situé entre la veille et le sommeil, l'état autogène.

Il en résulte un état de bien-être physique et mental dont les effets peuvent se prolonger plusieurs heures après l'exercice.

Lorsque le patient est capable de se mettre en état de relaxation totale, encore appelée par Schultz "déconnexion organismique", il est possible d'introduire des exercices plus spécifiquement attachés à certains troubles.

2. Les méthodes de modification autogènes :

Schultz a ajouté une série d'exercices complémentaires à visée thérapeutique plus élaborés qu'il a appelés " Modifications Autogènes ".

Il divise ces exercices de modifications autogènes en 2 catégories : les formules organo-spécifiques (F.O.S.) qui agissent physiologiquement dans une zone donnée, et les formules intentionnelles (F.I.), qui agissent plus particulièrement sur les fonctions psychiques.

Des formules qui exercent une action thérapeutique sur le physique ou sur le psychique.

Les formules organo-spécifiques renforcent l'effet des exercices standards que sont la pesanteur, la chaleur, ou encore le rafraîchissement du front et sont pratiquées en combinaison avec ceux-ci dès que le patient a bien maîtrisé ses formules d'exercices standards.

Les formules se recherchent et se pratiquent en accord avec les données fournies au cours des entretiens entre le patient et le thérapeute.

Il faut adapter chaque formulation à chaque cas et à chaque patient.

NB: En cas de rhinite spasmodique, le patient sera appelé à formuler : "Mon nez est frais ".

Dans un cas d'énurésie, le patient dira par exemple :"Ma vessie est chaude ".

Les formules intentionnelles sont des formules d'auto-suggestion à visée psychothérapique.

On en distingue 3 types : les formules de neutralisation, de renforcement et d'abstinence.

* Les formules de neutralisation sont plutôt utilisées dans les cas d'idées fixes ou obsessionnelles.

Un patient obsédé par la masturbation sera amené à formuler :

" La masturbation m'est complètement indifférente ".

* Les formules de renforcement vont renforcer une action positive, par exemple, le sommeil.

Dans ce cas, le patient sera amené à formuler : "J'ai envie de dormir ".

* Les formules d'abstinence sont des formules qui sont intentionnelles et qui sont destinées à faciliter l'abstention d'une drogue .Par exemple : " Je sais que j'évite de boire une simple goutte d'alcool, en tout temps, en toutes circonstances, en n'importe quelle situation.

D'autres boivent, mais moi, l'alcool ne me plaît pas ".

3. La méditation autogène, (ou cycle supérieur) se pratique dès que le patient a bien maîtrisé les exercices standards du T.A.S. et qu'il est capable de plonger rapidement, quasi instantanément dans l'état autogène.

Généralement, cette méditation autogène ne peut avoir lieu qu'après 2 ans de maîtrise des exercices standards et ne peut se faire qu'en association avec un thérapeute formé à la thérapie psychanalytique.

Il s'agit d'une méthode de méditation mentale qui va permettre très progressivement d'aborder les problèmes existentiels fondamentaux de l'individu et devenir une sorte de psychanalyse.

La méditation autogène comprend 7 exercices de méditation :

* Dans le 1er, le patient apprend à visualiser mentalement les couleurs.

* Dans le 2ème, il apprend à sélectionner mentalement les couleurs désirées et à apprécier
son choix.

* Au cours du 3ème, il va visualiser des objets concrets puis des objets abstraits.

* Le 4ème et le 5ème exercice consistent à expérimenter le choix d'une sensation;

* Le 6ème, la visualisation d'autres personnes.

* Enfin le 7ème, que Schultz appelle " les réponses de l'inconscient ", le patient prend conscience des divers aspects refoulés de sa conscience.

On comprend aisément que cette méditation ne puisse être pratiquée sans l'aide d'un guide compétent, connaissant tout à la fois la méditation autogène et la psychanalyse.

4. La méthode de neutralisation autogène comprend l'abréaction autogène et sa verbalisation autogène.

La méthode d'abréaction autogène dérive des études sur le processus de décharges autogènes qui apparaissent durant les exercices standards.

Schultz avait remarqué en effet que, lors de la pratique régulière du T.A.S., des patients plongés dans l'état autogène exprimaient d'autres sensations que celles directement liées aux exercices standards.

C'est ainsi que certains patients décrivaient des sensations de picotements, de chatouillements des extrémités, de dépersonnalisation, de sensibilité exagérée et bien d'autres encore.

Pour Schultz, ces sensations, appelées des décharges autogènes, seraient en fait nécessaires et permettraient au cerveau de se décharger de manière préventive et curative.

Elles correspondraient à une énergie accumulée dans le cerveau et qui, emmagasinée trop longtemps, pourraient ressortir sous formes de symptômes ou de troubles fonctionnels.

L'état autogène permettrait à cette énergie de se résorber sans dommage.

Schultz propose alors au patient de pratiquer régulièrement le T.A.S., de se placer dans l'état autogène par les formules standards et la concentration passive pour prendre ensuite ce qu'il appelle l'attitude de la " Carte Blanche ".

L'attitude de la carte blanche va consister pour le patient à se déconnecter mentalement et à se placer en spectateur vis-à-vis de ses propres sensations et de son propre corps, sans aucune directivité.

Il est ensuite demandé au patient de décrire ce qu'il ressent, ce qu'il éprouve dans son état autogène.

Schultz fait la différence entre l'abréaction autogène, où le rôle du thérapeute se limite à étudier les résistances, et la verbalisation autogène, qui vise à neutraliser les abréactions autogènes les plus gênantes.

Dans l'abréaction autogène, le patient dit avoir des picotements, par exemple (liés à un conflit avec la mère).

Dans la verbalisation, on essaie de mettre en rapport ces réactions sensorielles avec les
conflits profonds.

LES APPLICATIONS :

Le T.A.S., méthode d'entraînement personnel à la relaxation, peut être utilisé à titre préventif, mais aussi et surtout en médecine psychosomatique et, bien sûr, en psychothérapie.

Cette méthode a été pratiquée avec succès dans les troubles neurofonctionnels, tels que les céphalées, les palpitations, les hypertensions, les dysménorrhées, les états d'angoisse, les insomnies, les tremblements, les névralgies, etc...

D'excellents résultats ont été obtenus dans certains cas d'asthme bronchique, d'ulcère à l'estomac, de troubles digestifs.

Enfin, des succès ont été enregistrés dans des cas d'impuissance masculine, de frigidité, de douleurs de la sphère génitale.

Le T.A.S. est indiqué dans bien d'autres affections, et les exemples d'applications pratiques bénéfiques sont de plus en plus nombreux.

Enfin, le T.A.S. a été utilisé comme complément de l'entraînement sportif aux Jeux Olympiques (Pr Raphaêl CHERCHEVE), et au niveau des entreprises, en remplacement ou comme adjuvant de la gymnastique de pause, dans un but de récupération, de détente et, par conséquent, de meilleure efficacité professionnelle.

EN CONCLUSION :

La méthode du T.A.S est une méthode d'entraînement personnel à l'auto-hypnose, utile pour le praticien lui-même et, bien sûr, pour un bon nombre de patients.

Mais signalons tout de même que cette méthode d'entraînement plonge le patient dans un état de déconnexion organismique voisin de l'état hypnotique mais non similaire. Il s'agirait donc d'une méthode née de l'hypnose mais non hypnotique.

Le débat reste cependant ouvert, l'objectivation de ces états étant extrêmement difficile.

Curieusement, cette méthode a été pratiquée surtout dans les pays européens comme l'Allemagne et la France, ou l'hypnose classique avait été abandonnée.

Elle avait jusqu'à présent peu de succès dans les pays anglo- saxons, plus favorables à l'hypnose, où pourtant est née une méthode que l'on peut qualifier d'anti-hypnotique : la méthode de Relaxation Progressive de JACOBSON.