"J'ai décidé d'être heureux parce que c'est bon pour la santé."

Voltaire

vendredi 7 juin 2013

Yoga Nidra et rêves

Petit rappel :


Yoga Nidra est une technique issue d'un art ancien appelé NYASA.
Le "maître" touchait, pointait, chaque zone du corps en récitant une prière à I'adresse de la déesse ou du dieu qui selon la tradition habite cette partie du corps. Cette prière avait donc un effet sur la zone touchée et, semble-t-il, sur la globalité du système, qui dans cette approche du yoga considère le corps comme le temple accueillant la partie sacrée, divine de notre être.
La technique a évolué, a été "actualisée", par Satyananda, au vu des sciences modernes, tout en maintenant son originalité ancestrale, pour devenir la pratique de Yoga Nidra. Yoga Nidra signifie sommeil éveillé ou sommeil conscient. L'objectif est d'atteindre l'état de sommeil et de profiter de ses effets tout en restant vigilant et éveillé : le corps est inactif il dort, mais le mental lui reste attentif à la voix qui parle. D'où l'importance des intonations de la voix du professeur : la modulation, la puissance, la fermeté et la douceur...
Le mental est alors dans l'état de NIDRA (sommeil en sanskrit) où toutes les parties de l'être sont en harmonie (l'inconscient et le conscient sont plus communicants). On peut considérer cet état comme un état modifié de conscience, un peu comme le serait l’autohypnose.
Toutefois, Yoga Nidra est plus qu’une simple relaxation ou état d’autohypnose. C’est une introduction à la méditation, elle-même un chemin vers soi au quotidien. La méditation est l’état mental et corporel qui nous permet de prendre conscience de notre vrai « moi », de ce que nous sommes réellement. Il existe différentes catégories de méditation, selon les civilisations et les religions. Quoiqu’il en soit on peut dire qu’il y a des méditations avec support et d’autre sans support. Ce sont là les deux grandes catégories de méditation que l’on retrouve décrites dans le texte de Patanjali (sage envoyé par l'Absolu, la Conscience Universelle, pour aider les hommes à sortir de leurs souffrances), les Yoga Sutra.
Il est à noter que Ce même Patanjali explique dans le sutra (phrase courte et dense) 38 du premier chapitre que « la stabilité mentale découle aussi de la conscience issue des rêves et du sommeil profond. »[1]
C’est dire combien ces techniques sont précieuses afin d’accéder à la compréhension de nos rêves.
Mais quel sens donne–t-on au mot rêves ?
Dans un premier temps nous pouvons utiliser le YOGA NIDRA et/ou la méditation afin de mieux comprendre un rêve nocturne ou une séquence d’un rêve qui nous semble très obscure. Ainsi en se centrant sur le rêve ou l’élément choisi, comme support de méditation, on peut accéder à un sens plus ou moins caché de sa signification en « interrogeant » en quelque sorte la partie « intuitive » « sacrée », de notre être. => connaître le message
Dans une seconde période, nous pouvons envisager le rêve dans le sens de réaliser quelque chose qui nous tient à cœur. Quelque chose qui trotte dans notre esprit mais qui n’a pas encore pris corps. Toutefois, tous les rêves ne sont pas à réaliser !
C’est pourquoi le YOGA NIDRA et la méditation peuvent nous aider à comprendre nos motivations, nous guider dans le sens de notre quête, dans la compréhension du chemin à suivre afin d’enraciner notre rêve dans la réalité, pour qu’il se concrétise.=> connaître son fonctionnement
RÊVE (conception)
MOTIVATIONS
STRATEGIES
RESISTANCE
DECISIONS
ANCRAGE
REALISATION
Mais n’oublier pas que le yoga a pour but la réalisation de soi, pas des rêves au sens strict, le rêve n’étant qu’une situation pour se réaliser. L’idéal étant de se réaliser (atteindre la béatitude, la délivrance ; au moins une paix intérieure), en réalisant ses rêves.
(à suivre)

[1] « MIROIR » par Bernard BOUANCHAUD Edité par AGAMAT

mardi 18 septembre 2012

La rentrée en légèreté

Pour une rentrée en légèreté voici un petit exercice issu du livre de Jacques de Coulon, " les méditations du bonheur" aux éditions Payot.

Je trie mes désirs :
Faites un tableau en trois colonnes : les désirs naturels et nécessaires ; les désirs naturels mais non nécessaires et les désirs ni naturels ni nécessaires.
Trouvez des exemples dans votre vie pour ces trois types de désirs.
Puis posez-vous cette question : quel est le type de désir qui domine dans mon existence ?
Et n'oubliez pas : pour être vraiment heureux à la mode épicurienne, renforcez les désirs naturels et nécessaires, pratiques l'art de la simplicité.

vendredi 8 juin 2012

Latéralité cérébrale et rythmes ultradiens.

On appelle rythme ultradien un rythme biologique qui a une périodicité inférieure à vingt-quatre heures. Rossi a remarqué qu’il y avait une période de vingt minutes toutes les trois heures particulièrement propice pour entrer dans un état profond de conscience. Il ne s’agit pas d’un rythme de quatre-vingt-dix minutes comme pendant le sommeil, mais de cent quatre-vingt minutes environ[1]. Les cinq offices de la prière monastique, les cinq prières quotidiennes des musulmans suivent ce rythme.
Une série d’observations originales faites dans un ashram au Bihâr (Inde) a retrouvé cette périodicité de trois heures surtout avant l’aube et l’après midi[2]
Elle est liée à l’alternance de l’ouverture des narines, fait connu depuis des millénaires par les yogis et depuis un siècle environ par les médecins. Wilhelm Fliess, l’ORL de Berlin qui fut pendant plusieurs années l’ami le plus proche de Freud, avait une théorie à ce sujet, en liaison avec la sexualité. Ce qui a été découvert récemment seulement, au début des années 80, est le lien entre l’ouverture d’une narine et la stimulation de l’hémisphère controlatéral : ainsi quand la narine gauche est ouverte, l’hémisphère droit est dominant, cela signifiant qu’on aura une meilleure capacité pour les tâches requérant intuition, sensibilité et réceptivité ; par contre, si la narine droite est ouverte, le côté masculin dans la tradition indienne, l’hémisphère gauche sera stimulé et l’on sera plus d’humeur à agir et à analyser.
La dominance hémisphérique doit être inversée chez le gaucher. L’intérêt de cette science des latéralités, qu’on appelle svara yoga, est de savoir à volonté et de façon simple quel hémisphère se trouve stimulé à un moment donné : pour cela, il suffit de constater quelle narine est ouverte, par exemple en bouchant une narine et en expirant vigoureusement, puis en comparant avec l’autre narine ; ou en inspirant par un côté en fermant l’autre avec le doigt et en écoutant la différence de son. On peut aussi changer le côté de la stimulation hémisphérique : si la narine gauche est fermée, en se couchant sur la droite ou en se massant fortement l’aisselle droite, on peu l’ouvrir, et ainsi stimuler l’hémisphère droit ; chez des sujets entraînés, il est certainement possible d’avoir le même résultat par concentration directe sur la moitié droite du corps. Notons que prendre un bain a souvent l’effet d’inverser la latéralité stimulée.
On a beaucoup dit que la méditation stimulait l’hémisphère droit. Dans une revue d’une petite centaine d’études sur le sujet, Earle[3] n’est pas si formel : certes, dans les premières minutes de méditation, il y a une stimulation de l’hémisphère non dominant (le droit chez le droitier) correspondant à l’inhibition de la verbalisation et à un afflux d’images mentales, ainsi qu’à un éveil de l’attention (lié au cortex postérieur droit). Ensuite, on remarque une similarité, une synchronisation entre les deux hémisphères. En corrélant le vécu des méditants avec l’EEG (électroencéphalogramme), on peut supposer que les « expériences de sommet » correspondent à une inhibition corticale des deux côtés, une sorte de trace EEG de la non-pensée… En France, Pierre Etévenon a travaillé sur le rapport de l’EEG et du Yoga[4].
Sans entrer ici dans le détail des rythmes hormonaux en rapport avec la conscience, je me contenterai de mentionner un seul fait qui me semble avoir des conséquences concrètes : la cholécystokinine est sécrétée pendant la digestion et stimule la mémoire. La raison évolutive en est sans doute que l’animal avait intérêt à bien se souvenir de toutes les circonstances qui l’avaient amené à trouver de la nourriture. Sachant cela, je pense que l’habitude de regarder la télévision pendant les repas n’est pas saine, car toute la négativité ou l’incohérence du monde qui se déverse par la « gargouille » du petit écran est mémorisée comme quelque chose de personnellement très précieux, ce qui n’est pas vraiment le cas. A l’inverse, les moines qui ont à longueur d’année des lectures sur des sujets signifiants disent qu’ils s’en souviennent très bien longtemps après : ils associent la nourriture pour le corps à celle de l’esprit. Il y a la solution d’être complètement présent pendant tout le repas, mais c’est beaucoup moins facile qu’il y paraît.
« Soigner son âme – méditation et psychologie » Jacques Vigne – Editions : Albin Michel


[1] « Psychobiologie de la guérison. Influence de l’esprit sur le corps » - E.L. Rossi - Editions : Epi-DDB - 1994 - p.404
[2] « Swara Yoga » - Swami Muktibodhananda – Bihar School of Yoga, Munger, Bihar, Inde – 1984 – p.101
[3] « Cerebral laterality and meditation : A review of literature” - J.-B. Earle – The Journal of Transpersonal Psychology – 1981, 13 – 2 – pp. 155 - 173
[4] « Lhomme éveillé. Paradoxes du sommeil et du rêve » - Pierre ETEVENON – Editions : Tchou – 1990

mardi 20 mars 2012

La méditation ? ! Pourquoi ?

Voici une vidéo qui peut nous guider dans nos réflexions et nous aider à trouver des arguments en nous pour commencer. Faire le premier pas sur le chemin est souvent le plus difficile ; le printemps arrive c'est une belle période pour commencer !


mardi 7 février 2012

Le body-scan


"Avec le body-scan vous apprenez à promener votre attention dans toutes les zones du corps sans vous y attarder. Plus vous pratiquerez cette méthode, plus vous parviendrez à vous sentir à l'aise dans votre corps."

Le body-scan est une méthode de relaxation qui conduit à la méditation.
C'est une étape préliminaire à la méditation, principalement si vous êtes fatigués, tendus, ou irrité, voire stressé.
Vous pouvez pratiquer cette technique allongé mais également assis.

Voici la procédure telle que proposait dans le livre cité en référence :

"Arrangez-vous avoir suffisamment chaud afin que votre corps puisse se détendre. Disposez un coussin sous les genoux si vous avez tendance à souffrir du dos. Allongez-vous sur le dos en adoptant une attitude qui vous permette de rester trente minutes sans bouger.
Veillez à ce que la colonne vertébrale soit droite et que la tête ne soit pas trop haute.
Vous êtes allongé, les yeux fermés et entendez les bruits de votre environnement qui vont et viennent sans votre intervention. Laissez simplement tous les sons vous traverser.
Familiarisez-vous plus profondément avec la terre lors de chaque expiration.
Votre regard rendre à l'intérieur de vous-même.
Percevez d'abord à quel endroit et comment votre corps touche le coussin et le sol. Votre corps se laisse complètement aller à la force d'attraction terrestre. En imagination, dessinez l'empreinte qu'il laisse sur le sol et le coussin. Où se trouvent les points de contact ? Sur les pieds, les cuisses, le dos, le bassin ? Percevez l'attitude des mains, des bras et l'inclinaison de la tête...

Faites un cliché intérieur de ce début et comparez à la fin de la méditation le cliché du début avec celui de la fin....
L'inspiration et l'expiration sont profondes et naturelles, et votre respiration - qui n'est pas influencée par vous - envahit tout l'espace.
Orientez votre attention vers le pied droit et percevez comme le talon touche le sol. Promenez-vous dans le pied et sentez comme le sang coule dans les veines jusque dans les orteils. votre pied est chaud et lourd. Si vous ne parvenez pas à sentir votre pied, sondez-le. La cheville du pied droit s'ouvre. Vous percevez la jambe qui touche le sol et la manière dont la cuisse repose. Le pied et la cheville de la jambe droite sont ouverts, de même que l'articulation de la hanche. La jambe droite allongée sur le sol est chaude et lourde car elle abandonne tout son poids au sol. Elle est suspendue tout simplement à l'articulation de la hanche. La région de l'aine s'ouvre donc également.
Votre attention se promène maintenant dans le pied gauche. Vous percevez à quel endroit et comment le talon gauche touche le sol. Vous explorez le pied gauche, percevez la plante et les différents orteils, le flux sanguin, la chaleur et le poids de votre jambe. La cheville gauche s'ouvre. Voyez si la jambe touche le sol et à quel endroit la cuisse entre en contact avec le sol. La cheville, ainsi que l'articulation du genou et de la hanche s'ouvrent. La jambe gauche est lourde et abandonne tout son poids au sol. La région de l'aine s'ouvre.
Vous percevez maintenant vos deux jambes qui pendent à partir du bassin. Le bassin repose comme une grande enveloppe sur le sol. Le plancher pelvien se détend, le bas-ventre devient mou et la zone de l'aine s'agrandit. Vous pouvez étendre vos organes internes à l'intérieur de toute l'enveloppe du bassin. Vous sentez comment le ventre bouge au rythme de la respiration et la manière dont le diaphragme s'étire et se contracte.
Explorez ensuite le bas du dos. A quel endroit du sacrum ressentez-vous une pression ? A quel endroit les lombaires sont-elles ou non en contact avec le sol ? Comment le bas du dos s'élargit-il ? Promenez-vous en remontant le long du dos à travers les dorsales. Quelles dorsales sont en contact avec le sol et lesquelles ne le sont pas ? Percevez la distance qui sépare les deux omoplates. Comment s'étendent les épaules sur le sol ? Laissez les épaules reposer plus lourdement encore au sol. Percevez la cage thoracique, l'espace entre les côtes qui évolue au fil de la respiration, le mouvement vers le haut et le bas de la pointe du sternum. Prêtez attention à l'inspiration et à l'expiration. Suivez le chemin de la respiration depuis les narines, en passant par la gorge et la trachée jusque dans les poumons et le ventre. A quel endroit du tronc percevez-vous le plus simplement en cet instant précis le mouvement respiratoire ?
Ne vous attardez pas sur les sensations, agréables ou non.
Votre attention se promène maintenant dans votre bras droit qui pend de tout son poids depuis l'épaule. Vous percevez les zones du bras et de l'avant-bras qui touchent le sol, et la manière dont la main droite repose au sol. Le coude et le poignet s'élargissent. Vous explorez les doigts les uns après les autres jusqu'à leur extrémité : le pouce droit, l'index, le majeur l'annulaire et l'auriculaire droit.
Puis vous passez au bras gauche. Percevez la manière dont il est suspendu à l'épaule et dont le bras et l'avant-bras reposent au sol. Le poignet et le coude s'élargissent. Tous les doigts s'abandonnent. Comment la main gauche repose-t-elle au sol ? Explorez-la... jusqu'au bout de chaque doigt.
Pour finir, percevez la manière dont la tête repose au sol et ses zones de contact. Vos cervicales touchent-elles le sol ? A quel endroit de l'occiput ressentez-vous une pression ? De quelle largeur est votre cou ? Percevez-vous souvent la zone du larynx ? La limite du crâne est-elle molle ? Le cuir chevelu et les muscles de votre visage sont-ils détendus ? Les globes oculaires reposent-ils profondément et mollement dans leurs orbites ? Percevez la zone des tempes et la mâchoire. Laissez la mâchoire du bas plonger de sorte que les lèvres s'entrouvrent.
Percevez la manière dont la langue s'élargit dans la bouche et les endroits où elle entre en contact avec les dents.
Votre attention se porte maintenant sur votre corps tout entier. Percevez-le depuis la pointe des orteils jusqu'au bout des cheveux, devant et derrière. Tous les membres pendent, le tronc et la tête sont complètement abandonnés au sol. Votre corps est à cet instant absolument détendu.
[Promenez-vous dans le corps en direction inverse.]
Vous percevez toute la zone de la tête et vous détendez de nouveau l'articulation de la mâchoire et la limite du crâne. Vous sentez la manière dont les épaules reposent amplement au sol, comment le bras droit pend et l'endroit où il entre en contact avec le sol. Vous sentez le bras gauche pendre et l'endroit où il touche le sol. Vous sentez votre dos qui repose au sol, vous descendez le long des vertèbres en commençant par les cervicales. Vous percevez la distance qui sépare les omoplates et vous vous promenez jusqu'au sacrum.
Laissez le coccyx pendre et percevez le plancher pelvien qui s'amollit.
Vous effleurez ensuite la devant du corps. Vous sentez le mouvement des côtes, le sternum, l'étirement et le relâchement du diaphragme. Vous détendez le ventre et ouvrez la zone de l'aine. La jambe gauche pend lourdement depuis l'articulation de la hanche. Vous sentez la cuisse et la jambe. Vous percevez le talon gauche au sol et la vie qui pulse dans chaque orteil. De même dans la jambe droite : vous la percevez qui pend depuis l'articulation de la hanche. A quels endroits la cuisse et la jambe touchent-elles le sol ? Comment percevez-vous le pied droit maintenant ? Sentez-vous chacun des orteils ?
Portez une nouvelles fous voter attention sur le corps tout entier, depuis le bout des cheveux jusqu'à la pointe des orteils et réjouissez-vous du fait que tous les organes et les cellules font leur travail sans que vous interveniez. Vous pouvez vous reposer sur le mouvement respiratoire. vous ondoyez au rythme de votre flux respiratoire comme sur un matelas aérien. Abandonnez-vous au rythme de la vie, dans le va-et-vient, dans l'étirement et le relâchement. Terminez cet exercice en prenant un cliché et comparez celui du début avec celui de la fin. Peut-être avez-vous remarqué au fil de cette promenade quelque chose que vous souhaitez absolument garder en mémoire? Prenez intérieurement note de vos impressions. Laissez-vous le temps de vous relever.
Étirez-vous largement et redressez-vous sur le côté en faisant des pauses afin de ne pas bousculer la circulation sanguine."



Résumé et extraits du livre
"Méditation" - M. Mannschatz - Éditions : Vigot - p.50 à 56